Suisse: à Zurich et Bâle des motions exigent l’assimilation du vapotage au tabagisme

Les cantons romands ne sont pas les seuls à subir des attaques contre le vapotage. Le parlement du canton de Bâle-Ville a voté mercredi, par 53 voix contre 33, une motion demandant l’assimilation du vapotage au tabagisme. Présentée par le Parti Évangéliste, elle voudrait une interdiction de vente aux mineurs mais aussi l’assimilation du vapotage dans les lois contre le tabagisme passif et la publicité, rapporte l’agence ATS. Après son examen par le Conseil d’Etat, le Grand Conseil devra encore se prononcer s’il transforme la motion en mandat contraignant.

Le Conseil d’Etat zurichois est plus calme

A Zurich, une procédure similaire un peu plus avancée a vu le Conseil d’Etat répondre par la négative ce jeudi, explique la Tages Anzeiger. Le Gouvernement cantonal estime qu’il n’est pas nécessaire de légiférer pour le moment sur le vapotage. Il propose de transformer la motion en postulat. A savoir qu’une motion impose au gouvernement de légiférer, tandis qu’un postulat l’enjoint à en étudier l’opportunité. C’est aussi l’option qui a été choisie par la Commission du Grand Conseil vaudois face à la motion similaire de Graziella Schaller.

En attendant l’éventuelle loi tabac fédérale (LPTab), dont le second projet est en cours d’élaboration, aucun âge minimum n’est requis au niveau fédéral pour la vente de cigarette. Actuellement, la limite d’âge de vente des produits du tabac est de 16 ans dans le canton de Zurich. Concernant le vapotage, l’abrogation par le Tribunal administratif fédéral de la prohibition sans base légale de l’administration, a mis les autorités face à leur neuf ans d’irresponsabilités.

Les usagers même mineurs ont-ils le droit d’éviter de fumer ?

Cet été, les cigarettiers, la grande distribution et l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) ont établi ensemble un code de conduite pour ne pas vendre de produits de vapotage, y compris sans nicotine, aux mineurs tout en continuant la vente de tabac à ceux-ci dans une majorité de cantons. De son côté, l’association des professionnels de vape (SVTA) a préféré privilégier la réduction des risques en autorisant dans son codex la vente de produits sans nicotine à des jeunes déjà fumeurs à partir de 16 ans. L’association des usagers Helvetic Vape était exclue de cette table-ronde.

Les députés valaisans n’ont pas non plus pris la peine de consulter les usagers. Ils ont voté en juin une modification de loi pour interdire dés le 1er janvier la vente de produits de vapotage aux mineurs. Scénario pire à Genève, où le Conseil d’Etat a déposé un projet de loi proche de la motion évangéliste bâloise. Le vapotage, y compris sans nicotine, serait « assimilé » au tabagisme. Non seulement sa vente serait interdite aux mineurs, mais le PL 12385 prévoit aussi d’en interdire l’usage dans les lieux publics, sa publicité et un ensemble de contraintes similaires aux ventes de tabac pour les commerces de vape.

La chute du tabagisme des jeunes sous l’impact de la vape

Les partisans de ces mesures de restriction et d’interdiction osent prétendre le faire au nom de la lutte anti-tabac. Ceci en dépit de la chute vertigineuse du tabagisme dans les pays où le vapotage a pu se développer. Le droit à la réduction des risques des mineurs et la possibilité d’éviter d’expérimenter la cigarette par l’opportunité du vapotage notamment sans nicotine ne semblent pas pris en compte par les autorités.

Tabagisme lycéen et jeunes adultes aux Etats-Unis

Pourtant de nombreuses analyses sérieuses sur la question évaluent le phénomène au Royaume-Uni, en Allemagne, dans la région parisienne, en Islande et aux Etats-Unis, où la baisse du tabagisme des jeunes s’est accélérée par trois depuis l’essor de la vape. En France, le Pr Bertrand Dautzenberg parle de « ringardisation » du tabagisme par le vapotage chez les jeunes. A l’opposé de la Suisse où le tabagisme des jeunes a été maintenu ces dix dernières années, ces pays voient le vapotage le faire dégringoler.

En septembre, la Pr Linda Bauld, de l’Université de Stirling, a présenté sa revue des données internationales sur le sujet à Barcelone au THR Summit: « Il n’y a aucune données montrant que l’augmentation de l’usage du vapotage n’amène à expérimenter les cigarettes chez les jeunes britanniques. Il y a des indices que la perception des jeunes contre le tabagisme se durcit plutôt que s’affaiblit ». (voir ci-dessous)

Difficile de croire que les parlementaires genevois et bâlois ne voudraient pas prendre la peine de s’informer sérieusement et de s’interroger sur le phénomène en regard de l’échec calamiteux de la politique tabac suivie cette dernière décennie. Les offensives de restrictions au nom des jeunes à Bâle et Genève ressemblent plutôt à des mesures pour protéger les ventes de cigarettes et maintenir le tabagisme, y compris des adultes, si lucratif pour toute une série d’acteurs, dont l’industrie des médicaments en tout genre. Le tabagisme est la première cause évitable de maladie en Suisse.

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