Une étude confirme que les fumeurs ont moitié moins de risques d’avoir la maladie de Parkinson

Statistiquement, les fumeurs ont jusqu’à moitié moins de risques de contracter la maladie de Parkinson que les non-fumeurs. Une vaste étude, dirigée par une équipe de la Queen Mary University de Londres, le confirme à travers l’analyse des données du suivi NeuroEPIC4PD sur près de 220’000 personnes âgées de 37 à 70 ans dans sept pays européens (Suède, Royaume-Uni, Allemagne, Pays-Bas, Italie, Espagne, Grèce). Parmi eux, 715 cas de maladies de Parkinson ont été recensés. « Les anciens fumeurs présentaient un risque diminué de 20% et les fumeurs actuels un risque de développement de la maladie de Parkinson réduit de moitié par rapport aux non-fumeurs », explique l’étude parue dans l’International Journal of Epidemiology (IJE).

Y a-t-il plus qu’une corrélation?

L’objectif de la recherche était d’explorer la possibilité d’une causalité dans l’association inverse entre le tabagisme et la maladie de Parkinson. Des analyses épidémiologiques précédentes ont déjà montré le phénomène, connu dés 1966« Néanmoins, il y a toujours beaucoup de prudence à interpréter cette association comme protectrice », précise l’article signé de trente chercheurs, appartenant aussi à l’Imperial College London et à l’Université Luigi Vanvitelli de Campania, qui n’ont pas bénéficié de financement extérieur. Une des raisons à cette prudence est évidemment le bilan sanitaire désastreux de fumer  pour toute une série d’autres maladies. 

Une autre étude épidémiologique, parue en 2017 aussi dans l’IJE, a mis en évidence un effet similaire de la consommation de snus suédois, ce tabac à suçoter à faible taux de nitrosamines« Les hommes non-fumeurs qui utilisent du snus ont un risque considérablement plus faible de contracter la maladie de Parkinson. Les résultats ont également indiqué une relation dose-réponse inverse entre l’utilisation de snus et le risque de maladie de Parkinson. Nos résultats suggèrent que la nicotine ou d’autres composants des feuilles de tabac pourraient influencer le développement de la maladie de Parkinson », résument les chercheurs menés par le Dr Fen Yang, de l’Institut Karolinska de Stockholm.

La nouvelle étude portant sur le tabagisme « classique » confirme non seulement une corrélation mais aussi  « des relations fortes dose-réponse avec l’intensité et la durée du tabagisme », souligne la publication de l’équipe menée par la Dre Valentina Gallo, de la Queen Mary University. Un élément qui incline à un rapport causal. Cette relation dose-dépendante, aussi observée chez des jumeaux monozygotes, « s’oppose à un rôle majeur de la génétique et/ou de la personnalité »

Nicotine ou IMAO ?

« Plusieurs substances présentes dans le tabac ont été proposées comme possibles responsables de l’association inverse entre tabagisme et maladie de Parkinson », rappellent les chercheurs. Ils citent la 2,3,6-triméthyl-l, 4-naphtoquinone (TMN), un inhibiteur de l’activité de la monoamine oxydase (MAO) A et B.

« Un autre candidat est la nicotine elle-même, étant donné la relation anatomique étroite entre les systèmes de neurotransmetteurs nicotiniques cholinergiques et dopaminergiques dans le striatum. La nicotine influe également sur l’activité dopaminergique en agissant au niveau des récepteurs nicotiniques aux extrémités dopaminergiques et en modulant la libération de dopamine », précisent-ils.

Interviewée sur cette étude par le site I, la Dr Beckie Port, conseillère scientifique de l’association Parkinson’s UK, note que « nous ne savons toujours pas quelle substance pourrait être responsable, mais il est intéressant de noter que les légumes contenant de la nicotine appartenant à la même famille botanique [les solanacées] que le tabac peuvent également avoir des effets protecteurs« .

Abandon en France, recherches aux Etats-Unis

En France, le programme de traitement de malades de Parkinson par nicotinothérapie du Dr Gabriel Villafane à l’hôpital Mondor (AP-HP) a été clos, malgré les protestations des patients. Du côté des Etat-Unis, le Pr Paul Newhouse, de l’Université Vanderbilt, coordonne notamment une série d’études neuroscientifiques sur la nicotine. De son côté, la Dre Valentina Gallo insiste: « Notre découverte est extrêmement importante d’un point de vue scientifique et devrait inciter à une recherche scientifique fondamentale ».

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